Architecture de la foule - Foule et Magie

Studio de projet des Master 1 & 2 - ENSAB Rennes - 2021/2022
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Friction abjecte

Projet de Pierre Vaudandaine

L'ARCHITECTURE DE LA FOULE

Foule & Magie - 2021/2022

Studio de projet - ENSAB Rennes

Master 1/2

Encadrants responsables

Can Onaner avec Mathilde Sari

Valerian Amalricet Henri Bony

Labo photo : Emmanuel Groussard

Friction abjecte

Pierre Vaudandaine

Depuis que « Dieu est mort » disait Nietzsche, nos sociétés n’ont fait que s’échapper du sacré, présent dans nos lieux. Les formes qui composent nos mondes, produits d’un système qui tend à rendre toutes choses marchandes, ne réagissent plus au devenir commun qui cherche à produire de la durée. Le sacré se trouve pourtant ici, dans l’épaisseur du temps, rendant les produits inviolables par leurs considérations.

Par quels moyens recomposer cette nouvelle forme de sacralité ? Par l’objet rejeté, du déchet, de l’abject, déchu de toute forme d’usage. Soutenons alors l’hypothèse que la matière, et plus particulièrement le déchet, permet l’émancipation d’une organisation mercantile. La matière, tenant de l’informe, n’est que de l’ordre du potentiel quand elle se trouve délaissée. La considérer, c’est la massifier.
Le projet se contentera alors de la cadrer, de la contenir par des seuils qui l’enserrent. Hier, cachée, dans les poubelles de nos foyers, dans les interstices de la ville, cette matière mise aux rebus, sacrifié par l’humain, se déploiera aujourd’hui dans un entassement inhumain. 
Passant les seuils de cette architecture, la matière opère donc une transformation magique par le fait de dévoiler son potentiel, en redevenant valeur. Deux valeurs se confrontent, entrent en tension.
Valeur sociale, pour l’une, où les masses accumulées dévoilent une capacité à concurrencer par leur échelle, la valeur économique. Une fois passés les seuils de ce volume , la matière se dévoile en tant qu’expérience magico-sociale. Un rituel où la matière tord la toile qui l’enserre et où le feu ne brûle que pour lui-même, au centre d’une place entouré de silos, assure le foyer, lieu d’une potentielle assemblée.

Économique pour l’autre, où brûlée, elle animera la ville et ces fantasmes par un complexe technique voilé dans l’épaisseur de la terre. L’architecture affirmera son caractère monumentale, bâti par une série de portiques. Elle cachera un système normé, où son tracé est conditionné par sa fin, incinérant la matière pour en faire une énergie marchandisable.

Au centre des deux volumes, une grue prélève à cette masse informe, les besoins économiques. L’architecture proposée agit comme support, elle devient secondaire au système qu’elle abrite, elle s’assume néanmoins en tant que valeur autonome. Car elle est aussi valeur esthétique. Elle engage, les prémices d’une tension sur ce qui doit advenir de l’informe. L’architecture se sacralise alors par la forme, sa monumentalité, sa répétition et sa propension à une géométrie élémentaire. Carrés, cercles, portiques, tissus participent à couvrir ce que je ne saurais voir... S’esquisse alors une architecture dialectique, tenue par le besoin d’ouvrir les possibles, de se plier à la création de concepts issus du chaos.

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