Architecture de la foule - Foule et Magie

Studio de projet des Master 1 & 2 - ENSAB Rennes - 2021/2022
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Le théâtre de la Boucle

Projet de Hugo Heller

L'ARCHITECTURE DE LA FOULE

Foule & Magie - 2021/2022

Studio de projet - ENSAB Rennes

Master 1/2

Encadrants responsables

Can Onaner avec Mathilde Sari

Valerian Amalricet Henri Bony

Labo photo : Emmanuel Groussard

Le théâtre de la Boucle

Hugo Heller

Il était 20 heures, les portes se sont fermées derrière nous dans un dernier vacarme avant que le silence ne règne en maître parmi les spectateurs. En entrant, nous avons laissé notre plaque de cuivre, symbolisant notre place pour assister à la représentation, sur l’immense façade de l’entrée qui s’est ainsi construite au fil du public qui arrivait. Assis dans les gradins circulaires, tous attendaient religieusement le début des hostilités. Dans ce lieu, s'installa une ambiance de défi, le Théâtre de la Boucle est devenu une arène. Nous étions dans la pénombre, le soleil est passé sous l’horizon et nous a gratifiés d’un somptueux ciel orangé. La lune était pleine ce soir-là, elle éclairait la scène et le grand mur d’où surgissaient les géants. Toute notre attention y était retenue.

Il était 21 heures, un premier poteau s’est illuminé. C’était le signal, la foule frémissait. La fête pouvait enfin démarrer. Derrière la scène, des ombres géantes sont apparues sur la toile tendue. Elles dansaient et virevoltaient en l’air, traversant l’espace d’un bout à l’autre. D’où venaient-elles ? Comment pouvaient-elles voler ? Le grand mur pouvait s’ouvrir, dégageant de petits balcons pour des danseurs. Il donnait l’impression d'apparaître et de disparaître en fonction de l’orientation des panneaux. Sur scène, un immense sablier a été retourné et le son continu, des grains qui tombaient, tournoyait dans le théâtre.

Il était 01 heure, cinq poteaux s'étaient allumés, un à chaque nouvelle heure qui passait. Le sablier était sans cesse retourné pour faire écouler inexorablement ce temps qui passe en évitant à chaque fois que le dernier grain ne tombe. Nous étions emportés dans un cycle éternel où le sable s’écoulera sans fin, où l’on pouvait même jusqu’à se soustraire à la mort.

Il était 06 heures, je comptais 10 poteaux éclairés. Le mur d’entrée derrière nous s’était partiellement déconstruit avec ceux qui nous ont quittés. Les premiers rayons du jour pénétrèrent dans la cour. Cependant, la fête ne s’arrêtait pas pour autant. L'effervescence de la foule était communicative. Le spectacle d’ombres et de lumières nous transmettait son énergie. Nous étions entrés en transe collectivement, l’individualité n'existait plus.

Il est 08 heures, les douze poteaux sont désormais dans la lumière. Il est temps de calmer les foules pour retrouver le monde quotidien lorsque la façade d’entrée sera entièrement déconstruite. La frontière ayant disparue, le profane s’immisce jusqu’à remplacer et éteindre totalement le côté sacré du théâtre. Sous les rayons du soleil, l’individualisme de chacun reprend le dessus et nous nous séparons tous dans des directions différentes.

Il sera 19 heures, après une journée semblable à la veille et similaire au lendemain, je me rendrai vers le Théâtre de la Boucle. En chemin, je croiserai des inconnus, avec qui je vais vivre une expérience de transe pour se défouler et libérer les pulsions refoulées par les codes de la société. Avant d’entrer, on me donnera une plaque de cuivre qui symbolise ma place pour assister à un spectacle d’ombres et lumières.

Il sera 20 heures, les portes vont se fermer derrière nous dans un dernier vacarme avant que le silence ne règne en maître parmi les spectateurs. Avant de m’installer dans les gradins circulaires, nous aurons laissé notre plaque de cuivre. L’immense façade de l’entrée sera construite pour créer cette limite qui donne son côté sacré à ce théâtre. Assis, tous attendront religieusement le début des hostilités. Dans ce lieu, s'installera une ambiance de défi, le Théâtre de la Boucle deviendra une arène. Nous serons dans la pénombre, le soleil sera passé sous l’horizon et nous aura gratifiés d’un somptueux ciel orangé. La lune ne sera pas pleine ce soir-là. Néanmoins, elle éclairera de sa lueur la scène et le grand mur d’où surgiront les géants. Toute notre attention y sera retenue.

Il sera 21 heures, le premier poteau s’allumera. Cela sera le signal, la foule frémira, la fête pourra commencer.

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