Le territoire periurbain de la foule Can Onaner

LE TERRITOIRE PERIURBAIN DE LA FOULE

Studio d’initiation au projet territorial

Licence 2, semestre 2

Encadrants responsables

Can Onaner et Lydie Chauvac

Objectifs pédagogiques de l’enseignement :

L’enseignement du projet de ce semestre envisage d’aborder un territoire périurbain, par nature peu dense et diffus, en le confrontant à une architecture de la foule : surdimensionnée, monumentale, dense et collective.

Si le paysage de Saint Fargeau Ponthierry est constitué essentiellement de constructions de petites tailles et que seules les infrastructures de la mobilité et peut-être aussi certaines lignes du paysage dessinent la continuité du territoire à grande échelle, le projet de ce semestre entend questionner le site au travers une dimension architecturale monumentale, à l’échelle du grand territoire, comme l’ont fait les gymnasiums et les théâtres de l’antiquité Grecque et Romaine sur la côte égéenne.

Si la ville de Saint Fargeau Ponthierry est un territoire où l’espace privatif prévaut sur l’espace commun et public, le projet propose d’insérer sur le territoire un grand espace commun dont l’attractivité devra largement dépasser l’échelle de la commune.

L’appréhension du site de Saint Fargeau Ponthierry par les étudiants, l’analyse de sa dimensions matérielle (paysagère, architecturale et infrastructurelle) aussi bien que sa dimension sociétale (sociale, économique et politique), sera abordé en partant de l’hypothèse du projet architectural. L’analyse du site ne se fera pas en amont du projet architectural ; le projet sera l’outil qui permet de comprendre le site en le transformant. La grande architecture de la foule se formera en se confrontant avec le territoire, et inversement, le territoire se verra transformé par la confrontation avec l’architecture du grand espace commun.

Ce grand espace commun dont le programme n’est pas dé ni en amont a comme seule injonction de réunir une foule importante d’usagers, à l’échelle intercommunale, départementale et régionale. La réunion des foules peut être éphémère, programmée ou spontanée. Le caractère du lieu, par sa forme et sa spatialité, plus que par son programme, doit attirer et anticiper la réunion des foules.

 

L’architecture est ici pensée comme un grand dispositif servant les foules, conçue pour et/ou par les foules. Sa forme et sa matérialité constructive, devront être en relation avec la dimension sociale, politique et psychologique des foules, ainsi que le territoire dans laquelle elle va s’inscrire.
La foule a ici plusieurs significations. Dans un premier temps, on peut la définir comme le regroupement d’un nombre important d’individus dans un même lieu donné, pour un événement donné. La foule équivaut alors à une forme d’attroupement.
La foule peut aussi être comprise comme une expérience de la densité, du rythme et de la puissance démesurée : l’expérience d’une énergie que l’on ne peut réduire à une question de nombre et de mesure.

Enfin, la notion de foule peut être utilisée de manière métaphorique pour appréhender le territoire : on peut parler d’une foule d’arbre, d’une foule d’animaux, d’une foule de cabanes, aussi bien que d’une foule d’individus. L’enjeu pédagogique ici est d’aborder le territoire périurbain dans sa spécificité et sa différence par rapport à un territoire urbain : ce qui fait foule aujourd’hui à Saint Fargeau Ponthierry n’est pas ce qui fait foule à Paris ou dans une banlieue proche.

Méthode de projet :

 

Les trois éléments à l’origine du projet du semestre sont l’architecture bâtie, le territoire et la foule.

 

La méthode proposée est de confronter les deux premiers (l’architecture et le territoire) en les transformant l’une part rapport à l’autre, tout en cherchant à dé nir le troisième (la foule).
Ainsi, il sera proposé aux étudiants de choisir plusieurs références architecturales historiques de « grand espace commun » (des théâtres antiques, aux grands équipements culturels comme Beaubourg, en passant par les places royales, les projets de Boulée, le New Babylone de Constant, des projets du Team Ten ou des radicaux italiens ou de la Tendenza) et de la confronter au territoire de Saint Fargeau Ponthierry.

 

Le semestre débutera par la transformation progressive (déconstruction, reconfiguration, réagencement, reprogrammation) des références architecturales choisies par rapport aux spéci cités du territoire de Saint Fargeau Ponthierry. Il s’agira ici de tester les potentialités formelles, spatiales et fonctionnelles d’une architecture urbaine, une fois déplacée dans un site périurbain. Différents lieux choisis par les étudiants pour leurs caractéristiques topographiques, paysagères et sociales seront testés à cette étape.

 

Dans un second temps, les étudiants seront amenés à imaginer des scénarios d’événements à partir des architectures territoriales expérimentés pendant la première phase. Ces scénarios devront impérativement impliquer des foules dont les caractères seront définis en rapport avec l’architecture et le territoire. Il s’agirait pour les étudiants d’aborder l’architecture comme le dispositif d’événements, éphémères mais récurrents : une place pour des manifestations politiques, des champs occupés en tant que « zone à défendre », un équipement public pour des manifestations culturelles, etc.

 

Les dispositifs architecturaux et territoriaux correspondant aux scénarios prendront en compte la dimension sociale de/des foule(s) envisagées (une foule festive participants à un événement type Woodstock ou Burning Man, une foule pieuse réunie pour un rituel religieux, une foule révoltée s’opposant à un projet politique, une foule atomisée déambulant au sein d’une grande institution muséale, etc.)

 

Le semestre se terminera par la conception d’un « grand espace commun » à Saint Fargeau Ponthierry : une grande architecture territoriale capable de répondre aux différents scénarios d’événements pensés dans l’espace et dans le temps.